Japoma: le stade inauguré sans tambour

Les Lions Indomptables A’ du Cameroun et l’Union des Mouvements Sportifs (UMS) de Loum ont livré un match NUL (in) oubliable dans la cuvette creuse de Japoma,  marquée d’un anonymat criard.

Douala ne sera donc jamais la ville de ces bébés Lions, jamais ! Personne ne saura vraiment si cette catégorie des Lions est considérée, personne ne saura s’il y a un responsable à la Fédération Camerounaise de Football à qui est confiée la gestion de cette équipe. Pour un match inaugural d’une cuvette attendue depuis plus de dix ans, on aurait dit qu’ils sont de sacrés veinards ! Mais ce sera un lundi de fin d’année, un 28 décembre 2020 qu’un amoureux du football aura décidé de faire jouer le premier match de football sur la pelouse du mythique stade de Japoma. Sur la cour qui a vu grandir  Roger Milla, sans lui, et pourtant l’ambassadeur Itinérant est en pleine forme dans son domicile de fonction à  Yaoundé. On va donc inaugurer le stade qu’il a longtemps réclamé, sans lui, sans les populations de son village, sans la moindre solennité, sans spectacle, sans but ! Et  dire que nous sommes à 18 jours du match inaugural du CHAN 2021 !

Mais personne ne saura jamais quel diable a choisi de faire jouer un tel match dans un si beau stade, personne ne saura d’ailleurs qui et comment on aura choisi l’adversaire, alors que Coton Sport de Garoua peine sans championnat à représenter le pays dans la Coupe de la Confédération de la CAF, et s’est recroquevillé dans son antre de Roumdé Adja après son exploit en Zambie il y a moins de cinq jours. Coton Sport  qui aurait profité des quelques semaines de training des hommes de Ndtoungou Mpilé, et qui aurait certainement montré plus de failles que ce sparring-partner du jour.

Mais qui devrait présider le match Bon Dieu ! Le Ministre des Sports  Narcisse Mouelle Kombi pour qui on a repoussé l’heure du départ et qui a finalement choisi de ne pas venir, ou encore le Gouverneur du Littoral Dieudonné Ivaha Diboua, le pauvre toujours  souvent à l’heure,  qui a dû se contenter d’une partie du match, arrivé, malgré l’escorte après le premier coup de sifflet. Qui sont alors les amis de nos bébés Lions ? Le public assoiffé des matches  à qui on a privé même la visite du stade et les selfies ? Ou alors la PRESSE, la pauvre qui n’était pas attendue ? Obligée de poireauter plus de 90 minutes à l’entrée Ouest du stade, et qui n’a eu droit qu’aux miettes d’échauffements des deux équipes avant le lancement ?

Personne ne saura, mais alors personne, comment Patrice Biyo et Sayani Aboubacar vont se saisir du micro au perchoir du stade pour devenir, juste après la torture de l’attente dehors, des speakers de circonstance pour que Japoma ressemble moins à un lieu de deuil qu’à autre chose. Personne ne saura jamais, si pour ce match inaugural du stade de Japoma, il était prévu que les 22 acteurs du début chanteraient l’hymne national du Cameroun. Après une insistance d’un anonyme patriote : « nous sommes des Camerounais, et c’est le premier match dans ce stade, on ne peut quand-même pas jouer sans chanter l’hymne ». Alors que les joueurs étaient déjà disposés pour le début, ils sont rappelés à l’exécution l’hymne.

Sous les lampes radieuses des panneaux lumineux au trois quart de la pelouse, les 22 acteurs sans pères, se sont jetés à des batailles aveugles, éblouis par la beauté du stade en nocturne et stupéfaits, d’êtres les choisis, tout en regrettant de ne pas avoir leurs familles autour. Dans la petite brèche laissée aux journalistes pour ne pas valider le huis-clos, ils n’auront pas le temps de visiter l’énorme parking des 6429 places qu’offre ce bijoux tant attendu. Rien à dire sur ce stade  et ce village qui nous offrent pourtant les armes pour se bomber la poitrine dans le classement africain  des infrastructures, alors, rien n’est sorti de ce bijou ce lundi 28 décembre 2020. Rien ! Ni les frappes de Yannick Djeng sur la barre transversale ou celle de Bryan Nsoga sur le montant n’auront frôler les filets, pas même les entrées de Jacques Zoa ou le penalty qu’a eu Ako Assomo vers la fin de la rencontre, pénalty  que Steve Tanon le portier de UMS a stoppé net. Dans ce conglomérat de négligences et d’anonymat, le stade de Japoma n’avait qu’une seul réponse pour ce match, c’était l’échec ! Et donc, on pourra dire que pour cette première ratée, c’était JAPOMA, ECHEC ET MATCH !

David Eyenguè, jri.cm

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